
Acheter via un promoteur immobilier, c’est choisir un cadre légal qui vous protège à chaque étape. Mais c’est aussi accéder à des avantages financiers que beaucoup sous-estiment — et éviter des pièges que je vois encore trop souvent.
L’essentiel sur l’achat via promoteur en 30 secondes
- Garanties légales protectrices : décennale (10 ans), biennale (2 ans), parfait achèvement (1 an)
- Économie sur frais de notaire : 2-3 % au lieu de 7-8 %
- PTZ élargi depuis avril 2025 : jusqu’à 50 % du montant pour un appartement neuf
- GFA obligatoire : votre bien sera livré même si le promoteur défaille
- Personnalisation possible avant construction (TMA)
Les garanties qui sécurisent votre achat en VEFA
La question que j’entends le plus souvent : « Et si le promoteur fait faillite avant de me livrer ? » C’est légitime. Personne n’a envie de payer pour un appartement qui ne sortira jamais de terre. Soyons clairs : ce risque existe, mais il est couvert par un mécanisme que peu de gens connaissent vraiment.
Les 3 garanties qui vous protègent en VEFA :
- Parfait achèvement (1 an) : tous les défauts signalés à la livraison ou dans l’année doivent être réparés
- Biennale (2 ans) : couvre les équipements dissociables (volets, robinetterie, radiateurs)
- Décennale (10 ans) : protège contre les dommages affectant la solidité ou l’habitabilité
Selon les articles R261-17 à R261-24-1 du Code de la construction, la garantie financière d’achèvement (GFA) est obligatoire pour tout programme vendu en VEFA. Concrètement, une banque ou un assureur s’engage à financer l’achèvement des travaux si le promoteur ne peut plus le faire. Ce n’est pas une option commerciale — c’est la loi.

La garantie décennale couvre l’étanchéité, la solidité de la structure, la toiture, les fenêtres — tout ce qui touche au « clos et couvert ». Elle court sur dix ans dès la livraison et se transmet aux acquéreurs successifs. Si vous revendez votre bien après trois ans, l’acheteur bénéficie encore de sept ans de couverture. Franchement, aucun bien ancien n’offre cette sécurité.
Dans mon accompagnement d’acheteurs dans le Sud, l’erreur que je rencontre le plus souvent est de signer le procès-verbal de livraison sans prendre le temps de tout vérifier. Résultat : des défauts non signalés restent à la charge de l’acquéreur. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon le promoteur, mais je recommande toujours de prévoir deux heures minimum pour la visite de livraison — et d’y aller avec une lampe torche et un niveau à bulle.
Les économies concrètes : frais réduits, aides accessibles
Le prix au mètre carré du neuf est souvent plus élevé que celui de l’ancien. C’est un fait. Mais s’arrêter là, c’est comparer le prix d’une voiture neuve avec celui d’une occasion sans regarder les frais d’entretien. Laissez-moi vous montrer ce que ça donne sur dix ans.
Pour un appartement à 300 000 € en Loire-Atlantique, les frais de notaire dans le neuf s’élèvent à environ 7 200 €, contre près de 24 000 € dans l’ancien. L’écart provient principalement de la taxe de publicité foncière : 0,715 % dans le neuf contre 5,81 % dans l’ancien dans la plupart des départements.
| Critère | Neuf (promoteur) | Ancien (particulier) |
|---|---|---|
| Frais de notaire | 2 à 3 % du prix | 7 à 8 % du prix |
| Travaux prévisibles (5 ans) | 0 € (garanties actives) | 15 000 à 40 000 € selon état |
| Charges énergétiques/an | 800 à 1 200 € (RE2020) | 1 500 à 2 500 € (DPE D-E) |
| Garanties incluses | Décennale + biennale + GFA | Aucune (vices cachés uniquement) |
| PTZ accessible | Oui (jusqu’à 50 % du montant) | Sous conditions de travaux |

Le prêt à taux zéro a été considérablement élargi depuis le 1er avril 2025. D’après le Ministère de la Transition écologique, le PTZ peut désormais financer jusqu’à 50 % du montant du bien pour les appartements neufs, contre 20 à 30 % pour les maisons. L’extension s’applique jusqu’au 31 décembre 2027 sur l’ensemble du territoire national. Pour un couple en zone B1 avec 50 000 € de revenus et un projet à 200 000 €, le montant du PTZ pourra s’élever à environ 40 500 €.
Je pense à Sophie et Marc, le couple que j’ai accompagné l’année dernière. Leur hésitation entre l’ancien rénové et le neuf VEFA s’est résolue après un comparatif complet intégrant frais de notaire, absence de travaux, garanties et éligibilité PTZ. Sur dix ans, l’économie globale atteignait environ 18 000 € grâce aux charges réduites et au prêt à taux zéro. Le neuf n’était pas « plus cher » — il était mieux financé. Pour approfondir les raisons d’opter pour le neuf, les critères énergétiques et patrimoniaux méritent aussi votre attention.
Comment choisir un promoteur fiable (et éviter les mauvaises surprises)
Tous les promoteurs ne se valent pas. C’est une évidence, mais je suis toujours surpris de voir des acquéreurs signer un contrat de réservation sans avoir vérifié grand-chose. La GFA vous protège financièrement, certes. Mais elle ne vous protège pas des retards de livraison, des finitions bâclées ou des promesses commerciales non tenues.
Attention : Un retard de livraison de 3 à 6 mois est fréquent dans le neuf. Vérifiez les pénalités contractuelles prévues et anticipez cette éventualité dans votre planning (fin de bail, revente de l’ancien logement).
Mon conseil — qui n’engage que moi — est de toujours visiter au moins un programme déjà livré par le promoteur avant de signer. Pas l’appartement témoin du programme en cours, mais un immeuble habité depuis un an ou deux. Vous verrez comment vieillissent les parties communes, si les équipements tiennent, et vous pourrez même discuter avec les résidents. Sur des sites comme roxim.com, vous pouvez identifier les réalisations passées d’un promoteur avant de vous engager.
8 points à vérifier avant de signer avec un promoteur
- Vérifier l’existence de la GFA (Garantie Financière d’Achèvement) et l’identité du garant
- Consulter les avis en ligne et visiter une réalisation précédente du promoteur
- Lire attentivement la notice descriptive et les plans (surfaces, orientations, rangements)
- Comparer le prix au m² avec des programmes similaires du secteur
- Vérifier le délai de livraison prévu et les pénalités de retard contractuelles
- Clarifier les conditions de personnalisation (TMA) et leurs coûts
- S’assurer de la clarté du calendrier d’appels de fonds
- Prévoir la visite de pré-livraison avec un expert bâtiment si besoin

Je me souviens d’un dossier traité à Frontignan : Sophie et Marc, un couple de Sète que j’accompagnais sur leur premier achat. Leur crainte principale était d’acheter sur plan sans voir le bien fini. Nous avons visité ensemble un programme livré deux ans plus tôt par le même promoteur. Les parties communes étaient impeccables, les résidents globalement satisfaits. Ça les a rassurés — jusqu’au retard de livraison. Trois mois de décalage à cause d’un sous-traitant défaillant. Mais les pénalités prévues au contrat leur ont permis d’obtenir une indemnité, et les réserves signalées à la livraison ont été levées sous trois semaines. Ce genre de retard est fréquent. Ce qui compte, c’est d’avoir les bonnes garanties pour être indemnisé.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas les conseils personnalisés d’un notaire ou d’un conseiller en financement immobilier pour votre projet d’acquisition.
Vos questions sur l’achat neuf avec un promoteur
Que se passe-t-il si le promoteur fait faillite avant la livraison ?
La Garantie Financière d’Achèvement (GFA) oblige une banque ou un assureur à financer l’achèvement du programme. Vous ne perdez pas votre investissement. Le garant reprend le chantier ou rembourse les sommes versées. C’est une obligation légale, pas une option.
Peut-on visiter le logement avant d’acheter en VEFA ?
Pas votre lot exact avant livraison, non. Mais vous pouvez visiter un appartement témoin (souvent aménagé par un décorateur) et demander des visites de chantier à des étapes clés. Certains promoteurs organisent une visite « cloisons » pour vérifier l’agencement avant les finitions.
Quels sont les inconvénients d’acheter via un promoteur ?
Soyons honnêtes : les délais de livraison (12 à 24 mois en moyenne, parfois plus), la personnalisation limitée au catalogue proposé, et l’achat sur plans qui demande de se projeter. Ces contraintes sont réelles, mais elles sont compensées par les garanties et les économies à long terme.
Comment récupérer mon dépôt de garantie si je me rétracte ?
Vous disposez de 10 jours après la signature du contrat de réservation pour vous rétracter sans justification. Le remboursement intégral doit intervenir sous 21 jours maximum. Passé ce délai de rétractation, le dépôt n’est récupérable que sous certaines conditions (refus de prêt, notamment).
Le PTZ est-il accessible pour tous les programmes neufs ?
Des conditions s’appliquent : plafonds de ressources, zonage géographique, nature du logement (résidence principale). Depuis avril 2025, l’accès est élargi mais pas universel. Pour estimer votre éligibilité selon votre situation, vous pouvez utiliser un simulateur prêt à taux zéro en ligne.
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est celle-ci : acheter via un promoteur, ce n’est pas payer plus cher pour un bien que vous ne voyez pas. C’est accéder à un cadre légal qui vous protège avant, pendant et après la livraison — et à des leviers financiers que l’ancien ne propose pas.
Votre plan d’action cette semaine
- Simuler votre éligibilité PTZ avec vos revenus 2023
- Identifier deux ou trois promoteurs actifs dans votre secteur géographique
- Visiter un programme livré pour évaluer la qualité réelle des finitions
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question : quel niveau de sécurité souhaitez-vous pour un achat qui engage votre budget sur vingt ans ?
Précisions sur votre projet d’achat neuf
- Les garanties et conditions mentionnées correspondent au cadre légal général de la VEFA en France
- Les frais, délais et aides financières varient selon le programme, la localisation et votre situation personnelle
- Chaque projet immobilier nécessite une étude personnalisée avec un notaire ou un conseiller en financement immobilier